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Au secours ! Comment réagir à l’opposition des enfants et adolescent(e)s?

Vous vous demandez comment réagir à l’opposition des enfants et adolescent(e)s ? Vous rêvez de savoir comment obliger un enfant à faire ce que je veux ? ou de comprendre pourquoi et comment mettre des limites ? Cette article est pour vous !

Qui ne s’est pas déjà sentie victime de l’opposition des enfants / adolescent/e ?

Rien de plus énervant et déstabilisant, qu’un enfant qui nous dit « non ». Qui s’oppose au « bon sens » commun. Ou qui ne fait pas ce que nous lui avons demandé de faire.

Je vous propose ici un petit article pour mieux comprendre le rôle de « l’opposition » dans la vie de l’enfant  et de l’adolescent(e).

1. L’opposition… ce gros mot !

Voici quelques définitions tirées du Larousse

  1. « Situation de choses placées vis-à-vis ; effet qui résulte du rapprochement, de la coexistence de choses opposées. »
  2. « Situation de ce qui est en contradiction avec quelque chose, de ce qui n’y est pas conforme, situation de choses ou de personnes qui s’affrontent. » 
  3. « Action de s’opposer à quelque chose, d’y mettre obstacle par sa résistance. »
  4. « Fait de s’opposer à quelqu’un, de lui résister, d’être plus ou moins hostile ou agressif à son égard. »
  5. « Acte par lequel une personne déclare mettre obstacle à un autre acte, à une procédure ou à l’exécution d’un jugement. »

Regardons maintenant ces définitions avec une scène où un enfant « s’oppose » :

  1. vous souhaitez une chose, l’enfant, une autre.
  2. Vous estimez que ce que fait l’enfant n’est pas « correcte », « normale », « acceptable »
  3. De la résistance se crée : la tension monte entre vous
  4. Tout le monde campe sur ses positions, la tension continue de monter, une menace de perte de contrôle et d’explosion de l’énergie acculée est à craindre
  5. Vous réalisez que si vous réussissez à surmonter l’obstacle qui se dresse entre l’enfant et vous, en contentant chaque partie, la tension diminuera spontanément.

Serait-il donc possible de comprendre l’opposition des enfants comme une occasion pour eux d’exister en dehors du/des parent(s) ?

2. L’opposition dans la relation

Est-il possible d’éviter l’opposition dans la relation ? Oui. Tout à fait. Il suffit de toujours faire ce que l’autre nous demande. Cela fonctionne uniquement dans les relations duelles. Dès que nous sommes en présence de plusieurs personnes, cela se complique ; plusieurs personnes pouvant avoir des demandes opposées.

Est-il souhaitable d’éviter l’opposition dans la relation ? À mon sens, oui. Je précise que je parle d’opposition où tout le monde campe sur ses positions et où aucune forme de dialogue n’est possible.

Est-il possible d’être en désaccord sans s’opposer ? Là encore, je pense que oui. Être en désaccord est simplement le fait de voir les choses différemment d’une autre personne. À la différence de l’opposition, le dialogue est possible. Il est possible que les personnes impliquées dans la discussion restent convaincues que leur manière de faire et penser est la plus juste pour eux. Il est possible que le seul accord qui résulte de cette discussion soit le fait de ne pas voir les choses de la même manière. Et cela me semble juste.

Alors, comment comprendre l’opposition des enfants ?

3. L’opposition : un besoin vital

Le fait de camper sur ses positions, de dire haut et fort que nous ne sommes pas d’accord est une forme d’affirmation de soi. C’est montrer au monde que l’on existe en tant qu’individu propre, en dehors de nos parents et ami(e)s.

C’est aussi tester ce qui se passe quand nous allons au-delà des sentiers battus, des « autorisations » et des interdits.

Se positionner en dehors de ce que l’on attend de nous peut aussi être une tentative de réassurance : si je fais quelque chose de dangereux, quelqu’un viendra-t-il mettre de la sécurité ?

Au secours ! Comment réagir à l'opposition des enfants et adolescent(e)s? 1

Bref, être dans l’opposition peut être quelque chose de beaucoup, beaucoup plus complexe que le simple « il/elle ne fait ça rien que pour m’embêter ».

Alors que faire ?

4. Astuce 1 : quel(s) besoin(s) est/sont impliqué(s) ?

Il peut vraiment être aidant de se demander quel(s) besoin(s) l’enfant cherche à combler en « s’opposant » :

  • de réassurance ?
  • Besoin de vérifier que la règle est toujours la même ?
  • de s’affirmer ?
  • d’attention ?
  • Besoin physiologique/cognitif non comblé – qui rendent le fonctionnement du cerveau étrange ?

Une fois ce ou ces besoins trouver, je vous invite à valider l’émotion et à combler le/s besoin/s en question(s). Ce qui ne veut pas dire dire « oui » à tout ! Je vous propose de lire cet article qui donne quelques pistes pour communiquer plus facilement en famille.

Si vous avez l’impression que l’enfant teste beaucoup les interdits, je vous propose de visionner la vidéo « Parentalité consciente mode d’emploi – quand l’enfant teste les limites« .

5. Astuce 2 : l’impliquer

Quand l’opposition est due à une recherche d’individuation, il est très aidant d’impliquer l’enfant dans ce qui le/la concerne. Par exemple :

  • faire ensemble un planning de la journée
  • lui proposer de choisir à quel moment il/elle devra avoir fait ce que vous souhaitez qu’il/elle fasse – par exemple que la chambre soit rangée
  • lui proposer de discuter ensemble des choses importantes pour vous et pour elle/lui et de comment les mettre en place pour cela convienne à tout le monde – classiquement durant un conseil de famille

6. Astuce 3 : créer du visuel

Tiré du fameux adage « les paroles s’envolent, les écrits restent ». Que cela soit un dessin, un écrit ou tout autre moyen, mettre en visuel une décision commune permet d’être sur/e que tout le monde à bien compris la même chose.

Il est assez fréquent de penser que l’autre pense comme nous ou a compris la même chose que nous. C’est parfois avec surprise que nous nous rendons compte qu’il en est autrement.

Pour les enfants qui ont du mal à se repérer dans le temps, un visuel collé sur une horloge peut aussi aider !

Il existe plusieurs moyens de cocréer de manière concrète. Si le sujet vous intéresse, je vous conseille ces deux vidéos : « Quels outils pour aider l’émergence de l’intelligence collective » et « Techniques pour mettre en place une discussion horizontale« .

Laissez un commentaire et partagez-nous votre expérience sur l’opposition !

Aurélie

Facilitatrice de rencontre parent-enfant

Outils qui peuvent aider :

Ces informations se trouvent aussi dans la rubrique « Bibliographie » :

Livres :

Boris Cyrulnik « Les nourritures affectives »

Nicole Guedeney « L’attachement, un lien vital » PDF gratuit

Claude Halmos « L’autorité expliquée aux parents »

Marshall Rosenberg « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) »

« P’tit guide d’attachement » PDF gratuit

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