X

Punition ou Réparation, de quoi ont besoin les enfants ?

Punition ou Réparation, à votre avis, de quoi ont besoin les enfants ?

Imaginez-vous la scène : Sabine, 3 ans, vient de tirer les cheveux de son frère Paul, 1 an et demi. Ce n’est pas la première fois qu’elle fait cela, malgré vos interventions successives. Que faites-vous ?

Pendant, longtemps, la réponse était, « Sabine doit être punie pour comprendre que ce qu’elle vient de faire est mal. Pour qu’elle ne recommence pas. Et surtout pour éviter qu’elle continue à être violente et toute puissante. »

Désormais, les réponses varient : la notion de « punition » n’est plus si systématique et celle de « réparation » fait son apparition.

Dans cet article, je vous propose de faire un point sur ces deux pratiques.

1- Punition

Voilà quelques définitions du Larousse :

  • Action de punir, d‘infliger un châtiment, une peine.
  • Peine infligée pour un manquement au règlement, en particulier à un élève, à un militaire.
  •  Accident ou malheur qui paraissent être la conséquence d’une faute.
  • Sévère défaite infligée à un adversaire ou à un ennemi.

2- Réparation

Ce qu’en dit Larousse :

  • Action de réparerquelque chose d’endommagé.
  •  Fait, pour un organisme, de se rétablir, de revenir à un état normal.
  • Action de réparer une faute commise, le préjudice moral qu’on a causé à quelqu’un
  • Dédommagement d’un préjudice par la personne qui en est responsable, soit par le rétablissement de la situation antérieure, soit par le versement d’une somme d’argent, c’est-à-dire de dommages-intérêts.

3- Que voulons-nous transmettre aux enfants ?

En lisant ces définitions, il apparaît quelques différences majeures :

  • Pour la punition, il y a une hiérarchie forte avec une personne accusée, fautive. L’idée est alors de provoquer un grand inconfort voire une douleur en conséquence d’un acte considéré comme anormale.La personne punie est alors soumisse à la toute-puissance de la personne punissant.
  • Pour la réparation, l’idée est de trouver un moyen pour quel’équilibre entre les gens soit rétabli. Il y a également une notion de « faute ». Cependant, l’accent est mis sur comment faire « guérir », comment bien vivre ensemble.

Le principe de punition la personne fautive est jugée et condamnée, ce qui agit directement sur l’estime de la personne.

Le principe de réparation vise à instruire la personne que ce qu’elle a fait est contraire au bien vivre ensemble. L’idée est alors de trouver ensemble ce qui peut être fait pour rétablir un équilibre dans les relations pour que le bien-vivre ensemble perdure.

réparation - Aurélie FRESEL - Le Temps Des Séquoias

Pour aller plus loin dans cette réflexion, je vous propose de voir « Marshall Rosenberg « Éduquer sans récompense ni punition CNV », vidéo » et lire « Que souhaitons-nous transmettre aux enfants ? Et comment y arriver ? » .

4- Est-il possible de fonctionner uniquement à la réparation ?

Le principe de réparation peut – à mon sens – fonctionner pour toutes les situations d’accompagnement des enfants.

À mon sens, le principe de réparation permet de maintenir les relations en mouvements tout en respectant et valorisant les spécificités de chacun/e.

Je pense que notre société est habituée à la rapidité et la hiérarchisation qu’offre le principe de punition. Une sorte de justice expéditive. Il peut alors être plus difficiledu moins au début – de mettre en place le principe de réparation.

Cependant, fonctionner sur le principe de réparation permet aussi de se rendre compte que parfois, ce que nous considérons comme une faute est « simplement » une façon différente de faire qui nous dérange.

5- Quelques petits principes à savoir.

Il y a quelques éléments à prendre en compte lorsque vous décidez de mettre en place le principe de réparation : les jeunes enfants ont beaucoup plus de mal avec les notions abstraites comme :

  • le temps
  • l’urgence
  • la gestion des émotions
  • les causes conséquences de certaines actions
  • la bienséance de nos sociétés…

Si vous leur parlé logique – exemple ne tire pas la queue du chat cela lui fait mal – en fonction de leur âge, les enfants peuvent ne pas être en mesure de comprendre ce que vous leur dites. Dans ce cas de figure, ni punition ni réparation ne fonctionneront. Simplement parce que leur cerveau n’est pas assez mature pour comprendre ce que vous leur dites. Le plus simple et efficace, est alors de simplement interdire de tirer la queue du chat. Au même titre que vous interdisez à l’enfant de toucher la porte du four.

Le sujet est traité plus en profondeur dans « Pourquoi et comment mettre des limites », vous pouvez aussi trouver des réponses dans « Parentalité consciente mode d’emploi – quand l’enfant teste les limites, vidéo ».

6- Comment mettre en place le principe de réparation ?

Vous choisissez de mettre en place le principe de réparation.

  • Trouvez ce qui vous semble nécessiter réparation, il sera beaucoup plus facile de savoir quoi mettre en place:
  • Est-ce une « injustice » ?
  • S’agit-il d’un objet cassé ?
  • Est-ce quelque chose à ranger ou nettoyer ?
  • Il peut aussi être intéressant de demander à l’enfant s’il/elle était conscient/e que ce qu’il ou elle a fait était en dehors du bon fonctionnement de la vie en relations.
  • Trouver ensembleenfant et adulte – une action réparatrice peut être beaucoup plus instructif qu’une réparation imposée par l’adulte – qui peut rapidement être vécue comme une punition par l’enfant.

Avez vous déjà utilisé le principe de réparation ? Partagez votre expérience en commentaire !

Aurélie

Facilitatrice de rencontre parent-enfant

Outils qui peuvent aider :

Ces informations se trouvent aussi dans la rubrique « Bibliographie » :

Livres :

Michaeleen Doucleff, Isabelle Filliozat « Chasseur, Cueilleur, Parent« 

Maheu Élisabeth « Sanctionner sans punir« 

Marshall B. Rosenberg  « Élever nos enfants avec bienveillance : l’approche de la communication non violente »

Marshall Rosenberg « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) »

Laisser un commentaire