X
En juin c'était festival !

“Être” ou ne pas “être” ou comment communiquer sans étiqueter ?!?

Exercice de style en ce début septembre. Je vous propose une petite réflexion sur notre utilisation du verbe « être ». Sur son utilité réelle lorsque l’on cherche à communiquer avec quelqu’un et un enfant en particulier.

"Être" ou ne pas "être" ou comment communiquer sans étiqueter
teetasse

1- Pourquoi se poser la question de l’utilisation du verbe être ?

« Tu es impossible aujourd’hui ».

« Tu n’es pas détestable, mais le comportement que tu as en ce moment l’est. »

« Il est a-do-rable ! »

« C’est bien une fille… »

Commencez-vous à voir où je souhaite porter notre réflexion ? Utiliser le verbe « être » dans une phrase pour désigner une personne ou un comportement fige les choses. Ce verbe, fortement utilisé dans notre langue, provoque – parfois involontairement – la catégorisation des gens et des comportements. Quand nous utilisons le verbe “être”, nous parlons souvent d’un point de vue extérieur alors que nous aurions tout intérêt à parler de notre point de vue personnel.

Exemple : « Tu es belle. » Veut en réalité dire « Je te trouve jolie/ J’aime ce que je vois en te regardant ». En effet, la personne dans son ensemble « n’est » pas belle. C’est vous qui appréciez l’harmonie qui se dégage d’elle, sa coupe de cheveux, l’association des couleurs de ses vêtements…

De plus, l’utilisation du verbe “être” entraîne souvent une réduction de la personne.

Exemple : « Tu es vraiment impossible ! » L’enfant qui reçoit ces mots peut manifester beaucoup d’autres comportements qui ne se limitent pas à « être impossible » – ce qui est, d’ailleurs, uniquement le point de vue de la personne qui n’apprécie pas le comportement de l’enfant.

2- Être dans le monde

Marshall Rosenberg, inventeur de la Communication Non Violente, raconte qu’il avait été mandaté pour tenter de résoudre un conflit sanglant entre deux ethnies en conflit depuis plusieurs années. À son arrivée, il avait rencontré l’interprète qui allait travailler avec lui tout le long de son séjour.

Celui-ci lui avait dit – entre autres choses – que si Marshall Rosenberg utilisait le verbe « être » durant ses interventions, il aurait beaucoup de mal à traduire. Et pour cause, le verbe « être » n’existait pas dans sa langue.

Il est donc tout à fait possible de communiquer sans utiliser le verbe être !

Voici quelques exemples pour remplacer notre utilisation du verbe « être » – et en plus, très souvent, le sens s’en trouve précisé :

  • « Tu es… » → « Je me sens… »
  • « Elle est… » → « Je la trouve… »
  • « Je suis gourmande. » → « J’aime… »
  • « Je suis fâchée. » → « En ce moment, je ressens de la colère ».

3- « Être » ou ne pas « être » ?

La question peut alors se poser de savoir si l’on doit/peut utiliser le verbe « être » à tout va avec un petit enfant. La question peut se poser d’ailleurs pour toute communication…

À mon sens, nous avons tout intérêt à limiter notre utilisation du verbe « être » quand nous nous adressons aux enfants !

Si nous faisons l’effort – qui diminue avec le temps – d’utiliser d’autres mots qu’« être », cela provoquera :

  • une précision de notre pensée
  • une diminution de la catégorisation de la personnece qui nous sort de la dualité et offre une profondeur au monde
  • une augmentation des prises de responsabilitéla personne qui utilise moins le verbe être pour parler de quelqu’un d’autre prend la responsabilité de ses mots et sentiments.

4- Comment faire en pratique ?

En pratique, cela demande de la patience, de la bienveillance envers soi et l’autreet de s’exercer tout en prenant la situation d’un point de vue de joueur. Voilà quelques pistes que vous pouvez explorer :

  • Décider que vous utiliserez un autre verbe que « être » pendant un temps donné – exemple, une soirée, le temps d’un repas… – tout en disant tout de même ce que vous souhaitez dire !
  • S’obliger à utiliser une autre phrase que « Tu/je/il es/suis/est… »
  • Chercher comment traduire différemment ses pensées qui comportent « être » pour que ce verbe ne soit plus nécessaire

À vos claviers ! Avez-vous déjà essayez de parler sans utiliser le verbe être ? Partagez-nous votre expérience en commentaire !

Aurélie

Outils qui peuvent aider:

Ces informations se trouvent aussi dans la rubrique “Pour aller plus loin“:

Livres :

Marshall B. Rosenberg  Élever nos enfants avec bienveillance : l’approche de la communication non violente 

Marshall Rosenberg  Être vraiment soi, aimer pleinement l’autre ! / la communication non violente au service du couple 

Marshall Rosenberg Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)

Article :

Communication non violente dans le couple parental

Voyons comment communiquer simplement et calmement entre parents et enfants ?

Site internet :

Au coeur du vivant

Vidéos YouTube:

Isabelle Padovani “Communication non violente” “Je ne suis pas une girafe”

Marshall Rosenberg “Communication non violente”

Marshall Rosenberg « Éduquer sans récompense ni punition CNV », vidéo

  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous êtes libre de recevoir gratuitement le livre " Comment vivre heureux avec un nouveau-né?  Quatre astuces qui changent tout🤠

__CONFIG_colors_palette __ {"active_palette": 0, "config": {"colors": {"3e1f8": {"name": "Accent principal", "parent": - 1}}, "dégradés": []}, "palettes": [{"name": "Palette par", "value": {"colors": {"3e1f8": {"val": "var (- tcb-local-color-3aaa8)", " hsl ": {" h ": 210," s ": 0,78," l ": 0,01," a ": 1}}}," dégradés ": []}," original ": {" couleurs ": {" 3e1f8 ": {" val ":" rgb (19, 114, 211) "," hsl ": {" h ": 210," s ": 0.83," l ": 0.45}}}," dégradés ": []}}]} __ CONFIG_colors_palette__
Recevoir le livre

En remplissant ce formulaire, vous acceptez notre politique de confidentialité .