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“Réussir”, au fond, ça veut dire quoi  ?

Je vois énormément de parents qui comparent les acquisitions de leur enfant avec ce que fait l’enfant des autres. Je vous propose donc ici une petite réflexion sur la notion de réussir.

Mais avant tout, je vous propose une réflexion sur la comparaison.

1- Petit traité philosophique

Avant de commencer, voyons un peu ce que nous apporte la comparaison.

Comparer, c’est prendre plusieurs éléments pour les estimer et les classifiersouvent avec une jugement de valeur.

Questions :

  • Voulez-vous vous comparer, vous ou votre enfant ?
  • Ou dit autrement : voulez-vous classer les Êtres Humains ?

Souvenez-vous de cette petite phrase d’Albert EINSTEIN : « … Si vous juger un poisson à sa capacité de grimper à un arbre, il vivra toute sa vie en croyant qu’il est stupide. »

2- Se comparer soi-même

Se comparer aux autres peut paraître anodin et même « normal ». Or, il n’en est rien. Si la plupart des gens se compare à d’autres – le plus souvent pour s’autorabaisser d’ailleurs – c’est que ce mode de relation au monde est devenu très classique dans l’éducation occidentale.

Très souvent, l’adulte qui se compare à d’autres est une personne à qui la vie a très tôt fait comprendre qu’il/elle devait être :

  • comme tout le monde – ne pas faire de vague
  • le/la meilleure – notamment dans tous nos sports de compétition
  • être à la hauteur des espérances d’une personne aimée – au hasard, les parents
  • être beau/belle pour avoir des amis/amants/une belle vie… – message récurrent des publicités

Je pourrais continuer longtemps, mais je crois que vous avez compris l’idée.

3- Comparer son enfant

Suite logique du premier point. Ayant bien intégré – et à son insu – la mécanique de la comparaison, toute personne non consciente de ces mécanismes va forcément le reproduire en temps qu’éducateur/trice. Voilà quelques phrases qui sont tellement – mais alors tellement – courantes – je me surprends d’ailleurs à encore en dire certaines :

  • Tu devrais avoir honte.
  • À ton âge on ne fait plus ça.
  • Tu es le/la plus grand/e, …
  • Bravo je suis fièr/e de toi !
  • Tu me déçois.

4- Effets de la comparaison

Il peut être profitable de s’intéresser à ce que font les personnes autour de nous ; cela peut nous donner des idées et soutenir nos propres réflexions. Par contre, la comparaison est plutôt à éviter, car elle fige la pensée sur des modes binaires :

  • Je fais bien, il fait mal – ou inversement.
  • Ça c’est bien, c’est mal.
  • J’ai entièrement raison, elle a tout-à-fait tord.
  • Ça c’est beau, ça c’est moche

La comparaison amène la personne à se situer sur une échelle de valeurs et classe ainsi les gens qui l’entourent comme meilleurs ou moins biens que lui/elle. Ce qui disons-le franchement n’est pas idéal pour la paix entre les humains.

Remarque : il me semble plus efficace de se servir des expériences d’autrui pour construire son propre mode de fonctionnement. La comparaison amène à calquer/recopier les fonctionnements qui nous semblent louables et à totalement rejeter les autres… cela manque de finesse ;-).

5- C’est quoi réussir

Pourquoi est-ce que j’ai tant parlé de la comparaison dans cet article dont le titre parle de réussite ? Tout simplement parce que la réussite passe souvent par un système de valeurs et de comparaisons. Notamment de comparaisons entre ce que l’on pensait/voulait atteindre et ce que la réalité a fait apparaître.

Pour des parents, c’est souvent autour des nouvelles acquisitions motrices et de langage de leur enfant que la comparaison se fait :

  • À son âge, il/elle devrait…
  • Le fils de mon amie sait déjà faire ça, pourquoi pas mon enfant ?
  • À son âge je savais déjà…

Or, chaque personne est unique et apprend à son rythme. Certes il y a des étapes du développement avec une moyenne d’âge pour y arriver. Mais cela reste une moyenne. Si l’enfant a été respecté dans son développement – personne ne l’a assis/e avant qu’il/elle ne sache le faire par exemple 😉 – tout ira bien !

Il arrive effectivement que certains enfants aient besoin d’un petit coup de pouce pour débloquer une étape. Cela est alors uniquement ce que je viens de dire ; un coup de pouce. Cela ne va pas déterminer le reste de leur existence.

Cependant – comme pour tout – si vous avez un doute ou une angoisse par rapport au développement de votre enfant, contactez des professionnel/le/s de la petite enfance !

6- Pour conclure

Pour conclure, ça veut dire quoi réussir ? Réussir, c’est aller de l’avant. C’est découvrir de nouvelles choses. Être heureux/se. Aimer.

Et pour ça, pas besoin de comparaison. Chacun et chacune ressentira au plus profond de soi si ces éléments sont présents dans sa vie. Et c’est peut être là-dessus que nous, adultes, pouvons accompagner les enfants !

Cet article participe à l’évènement “C’est quoi réussir ?” du blog Oser et Réussir. Je recommande particulièrement cet article sur les croyances limitantes.

À vos claviers ! Que pensez-vous de vous focaliser sur la personne sans la comparer à d’autres ?

Aurélie

Outils qui peuvent aider:

Ces informations se trouvent aussi dans la rubrique “Pour aller plus loin“:

Livre :

Christophe André « Imparfaits, libres et heureux Pratiques de l’estime de soi »

Association Simonne Ramain Internationale “S’éveiller à soi-même, élargir les possibles

Miguel DON RUIZ “Le cinquième accord toltèque

Nicole Guedeney « L’attachement, un lien vital » PDF gratuit

Vidéos YouTube:

“Du bonheur”, Frédéric Lenoir, en vidéo

Les antisèches du bonheur, vidéo

Les crises, vidéo

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5 thoughts on ““Réussir”, au fond, ça veut dire quoi  ?

  1. Merci beaucoup pour cette réflexion très intéressante ! C’est vrai que la réussite est souvent liée à la compétence et donc, comparaison…
    En revanche, je ne vois pas où est le mal de dire à nos enfants qu’on est fiers d’eux ?

    1. Bonjour, merci pour votre retour!
      En soi, il n’est pas “mal” de dire à un enfant que nous sommes fier/e de lui/elle. Ce qui est plus compliqué, à mon sens, c’est quand ces mots sont des récompenses à un comportement donné. L’enfant peut alors comprendre que son parent est fier(e) de lui/elle uniquement dans certain cas. Et donc, que la fierté du parents est soumis à condition.

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